Le village I2E fermera ses portes courant de l’été 2018

Compte rendu de notre réunion avec Emmanuel AUBRY, Préfet à l’égalité des chances

Les membres du Bureau de l’Association Chapoly ont été reçus le 15 Mars par M. Emmanuel AUBRY, Secrétaire Général et Préfet à l’égalité des chances, entouré de Mme Christel BONNET, directrice départementale déléguée à la direction départementale de la cohésion urbaine (DDCS) et de M Joël PRILLARD de la Direction départementale des Territoires (DDT).

Les objectifs de cet entretien étaient multiples:

  • Faire le point sur le projet I2E
  • S’assurer que les services de la préfecture allaient se conformer à leurs obligations en matière de fermeture du camp
  • Comprendre les intentions de nouveau préfet et ses services sur le devenir du site

Une nouvelle approche:

Dès le début de notre rencontre, nous avons pu constater un changement important de discours et de méthode. Le Préfet AUBRY a affirmé une volonté de se conformer aux obligations légales qui incombent aux services de la préfecture. Nous nous souvenons que cela n’a pas été toujours le cas, notamment lors de la phase d’installation. La nouvelle directive ministérielle sur le démantèlement des camps y est aussi certainement pour beaucoup.

Un bilan contrasté:

Sur invitation du Préfet, nous avons pu lui faire part de nos regrets quant au manque de transparence sur la gestion du projet durant ces deux dernières années. Loin d’être aussi rose que ce que son prédécesseur aimait nous décrire, nous lui avons expliqué les difficultés d’ordre public que nous constations régulièrement dans les transports en commun. Nous lui avons aussi témoigné notre incompréhension quant à l’opacité des différentes opérations de gendarmerie qu’il y a pu avoir sur site au cours de ces 28 derniers mois, et sur un traitement beaucoup plus clément des services de gendarmeries à l’encontre de la population Rom que pour certains Saint Genois. Enfin nous avons regretté l’absence de lisibilité concernant la progression du projet et de l’insertion de ses occupants.

A ce sujet, l’équipe du préfet AUBRY nous a expliqué qu’à ce jour, seules 14 familles habitent sur le Site. Dix d’entre-elles sont en bonne voie de trouver une habitation autre celle du fort de Chapoly. Les services de la préfecture nomment cela des logements «diffus», répartis sur plusieurs communes. Ces dix familles semblent avoir trouvé une solution d’emploi au cours de leur séjour sur Chapoly. Les 4 familles restantes, quant à elles, semblent avoir plus de difficultés et feront l’objet d’un accompagnement particulier. Dorénavant, les familles quittant le camp de Chapoly ne seront plus remplacées. En effet, le camp fermera ses portes fin Aout afin de garantir un replacement des enfants dans un autre groupe scolaire dès la rentrée de Septembre. Les bungalows seront enlevés et remis à disposition de l’Etat.

Le devenir du site:

En ce qui concerne le site lui-même, le Fort de Chapoly a été notifié à la Direction des Domaines pour une offre de vente. En d’autres termes, le site est à vendre. Actuellement identifié par la DTT comme zone d’habitation collective, la préfecture a choisi de déclasser le site compte tenu de sa particularité et sa proximité avec les fameuses ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique). La métropole et la Mairie de Saint Genis les Ollières se seraient portés acquéreurs. De longues discussions sont encore à prévoir avant de trouver un quelconque accord, selon les dires du Préfet AUBRY.

Une remise en l’état s’impose :

Enfin, nous avons rappelé aux services de la préfectures les obligations qui incombent au gestionnaire, en matière de remise en état.

En effet, le permis précaire prévoit une remise en l’état, tel qu’il l’était avant le projet. Le détenteur du permis de construire (EHD) devra donc enlever la longue dalle de plusieurs dizaines de mètres de long (initialement non prévue dans le dossier du permis) et supprimer les réseaux d’alimentations et d’évacuation sur site.

Cette obligation légale semblait avoir été oubliée.